Resumen
Renoncer à toute éventualité d’un fondement absolu, n’est-ce pas aussi renoncer à toute éventualité d’une conscience souveraine ou d’un sujet dépourvu d’ombre, même au plan transcendantal? Comment dès lors imaginer que les discours puissent encore tenir… au moins un temps? Je propose de comprendre que les discours sont assujettis à des effets d’insu, hypothèse qui s’applique à tout discours en tant que discours – qu’il soit philosophique, scientifique (y compris logique et mathématique), etc., et même psychanalytique. On ne peut supprimer, contester, réfuter, etc., ce dont on n’a pas idée ; rien n’est donc aussi plus résistant… jusqu’au moment où «cela» vient à l’idée, du moins dans un contexte où il est devenu possible de le faire valoir. On peut alors comprendre que les effets d’insu conservent l’effectivité du renoncement au fondement absolu, autant parce qu’ils notifient une limite (ce dont on n’a pas idée demeure en retrait dans le discours), que parce qu’ils procurent une manière d’appui (un fondement certes provisoire et toujours révocable, mais que pourrait-on attendre de mieux s’il n’y a pas de fondement absolu?). L’hypothèse des effets d’insu est solidaire d’une perspective dans laquelle une construction discursive est limitée par les conditions de sa propre possibilité ; elle ouvre sur une théorie des dépassements où ce sont moins des théories individuelles qui sont considérées que des filiations de théories, où chaque dépassement fondamental est corrélatif d’une réinterprétation des principes fondamentaux.
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